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PAROLES DE DECROCHEURS (VHS) |
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Présentation
:
Comme vous ils l'ont aimée, l'École.
Et puis un jour, ils n'en ont plus eu
envie, ils l'ont même haïe. Ou bien, c'est un "prof" qui a dit à leur
sujet : " Il n'a pas sa place ici... ". Par glissements successifs ou
rupture brutale, ils se sont retrouvés dehors. On dit d'eux qu'ils sont
des " décrocheurs ". Le film de Jean-Paul Pénard ne donne pas la
parole
aux jeunes... selon la formule du documentariste : " ce sont eux qui nous
la donnent... écoutons-les ! ".
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En 30 minutes, quatre filles et quatre garçons témoignent.
Ils expliquent,
s'expliquent les motifs de leur abandon. Ils analysent l'incompatibilité
réciproque avec l'école qui a produit leur décrochage. Multiples
et
corrélés, ces motifs questionnent, sans acrimonie, le fonctionnement
ordinaire de l'école. Une école qui n'a pas su - pour eux - " être
son
propre recours " ainsi que l'exige l'injonction ministérielle.
En se
réappropriant les éléments épars de leur processus
de déscolarisation, ces
huit jeunes font l'expérience salutaire d'un " je " qui les fonde comme
sujets de leur propre histoire.
Ce film vidéo s'utilise aujourd'hui
fréquemment comme outil de formation continue et initiale en IUFM et
ailleurs. |
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Virginie |
Le fait que j'ai quitté le lycée
a fait que je n'ai plus vu personne
pendant un moment. [...] Il y a une période où ça a été vraiment
dur,
parce que je ne pensais pas que mon entourage réagirait comme ça.
En fait,
ça m'a vraiment surprise. On aurait dit que soudainement, tout d'un coup,
j'étais devenue infréquentable, ou je ne sais pas quoi., je ne
sais pas...
je ne sais pas... ça a été vraiment d'un coup : - Ha bon?
mais tu ne vas
plus en cours? mais tu fais quoi?
- Ben je ne sais pas, je ne sais pas ce que je vais faire...
- Ha bon, heu... ha... Bon, ben moi j'y vais, t'chao...
Et puis ça a été tout le monde [...] On a l'impression,
comme ça, que les
gens qui arrêtent les cours, c'est pas très grave, et puis en fait,
c'est
grave pour les gens qui le vivent. Peut-être qu'il y a des gens qui le
vivent bien, mais moi je ne l'ai pas bien vécu. |
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Brice |
J'étais mal, j'étais tout le temps
mal, d'être tout le temps en soucis de
quelque chose.
Parce que même si j'étais " cool ", je savais que
je n'y
allais pas, je savais qu'il y avait la fin de l'année, je savais pas ce
que j'allais pouvoir faire, j'étais tout le temps inquiet quoi. Je
regrette en fait... non je ne regrette pas quoi. L'école pour moi, làcomme c'était, c'était un calvaire, donc je ne regrette pas, donc ça
m'a
rendu service (de me faire exclure). Je suis beaucoup plus heureux depuis
que j'ai quitté l'école que quand j'y étais. [...] En fait
le lycée, pour
moi, c'était trop tôt, parce que le lycée, moi, il aurait
fallu que je
l'attaque maintenant, à vingt ans. Même l'école, j'étais
pas du tout...
j'étais en décalage avec... j'étais pas du tout assez mûr
par rapport à ce
qu'on me demandait sur la discipline et tout quoi. |
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